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sumevhaiti
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SUMEV est une association de jeune Universitaire qui prone la décentalisation dela Republique D'Hait
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
14.02.2010
Dernière mise à jour :
30.10.2010
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· EFFONDREMENT D’UN ÉTAT – APPRÉHENSIONS
c'est merveileux ce que vous faites chers etudiants. l'avenir de votre pays est entre vos mains, vous etes les
Par Daphta Estiverne, le 06.06.2010
sumev, si tous les etudiants du pays, au dela de leur difference, etaient conscients que l'avenir du pays est
Par Jean Nazaire, le 31.03.2010
EFFONDREMENT D’UN ÉTAT – APPRÉHENSIONS
Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre portait un autre coup mortel à Haïti déjà éprouvé suite à de nombreux cataclysmes qui l’ont frappé coup sur coup au cours des quatre dernières années. Ces malheurs ont complètement détruit les infrastructures et accéléré l’effritement des dernières institutions du Pays.
De partout l’aide afflue; coordonner le tout dans un pays en pleine débandade et sous le choc ne fut pas chose facile et nous devons saluer le leadership des voisins de la Caraïbe et du reste du monde qui ont pris les choses en mains.
Nous devons tous faire le constat que l’État haïtien n’a jamais été à la hauteur des aspirations du peuple. Le seul grand projet unificateur dans l’histoire de ce pays fut la geste de 1804 (affranchis mulâtres et anciens esclaves ont fait alliance pour conquérir la liberté et se faire le champion des droits de l’homme). Depuis, Haïti n’a été qu’un territoire de groupes disparates, de clans (ce qui n’est pas sans rappeler la période de la flibuste où le temps d’une course on se choisissait un chef et sitôt après le partage du butin on se disait adieu et à la prochaine). En attendant, la grande majorité est l’objet d’ostracisme et considéré comme le grand responsable de tous les malheurs du pays!
Aujourd’hui, devant l’ampleur de la catastrophe, il faut parler reconstruction : quand, comment, avec quoi, par qui et avec qui?
La charte des Nations Unies ne reconnaît que les États souverains mais devant l’effondrement et la faillite de l’État haïtien il faut un encadrement, un accompagnement. Quelle forme prendra-t-il? Serait-ce une tutelle? En tous cas, la réunion prévue cette semaine, à Montréal, s’apparente à celle d’un Conseil de famille! (le Québec, paraît-il, a été tenu l’écart. Le Québec qui a tenu aussi haut que possible le flambeau de la solidarité)! Des membres de cette communauté internationale qui appellent le droit international à sa rescousse et invoquent le respect de la souveraineté des États ne s’embarrassent guère de scrupules quand il s’agit d’encourager un putsch ou de contraindre un président démocratiquement élu à quitter le pouvoir!
Si tutelle (contraire à la Charte des Nations Unies) qui sera le tuteur aux biens, à la personne? Les États-Unis, La France? L’intervention de ces deux puissances dans les affaires d’Haïti n’a pas été des plus heureuses. La Communauté internationale tiendra-t-elle ses promesses?
Qu’en est-il de la constitution; est-elle toujours d’application? Devra-t-on et pourra-t-on tenir des élections?
Aux situations urgentes, des mesures urgentes!
Qui seront les interlocuteurs? Dans toutes les législations du monde, un failli ne peut contracter? Les dirigeants actuels ont-ils encore l’autorité morale pour engager un pays?
Les enjeux sont nombreux. Va-t-on assister à un démembrement du territoire selon les sphères d’influence (déjà entre intervenants, des tensions semblent exister; c’est à qui incombera la tâche de prendre les commandes)? Dans le passé, certains manifestaient leur intérêt pour obtenir cession d’une partie du territoire haïtien ou la Gônave ou le Môle St-Nicolas ou l’île de la Tortue ou le monopole des ressources minières. Aussi, nous devons être vigilants pour empêcher un démembrement du territoire, pour éviter que ne se concrétisent ces visées expansionnistes menant à la création d’enclaves ou de zones franches et de sites d’enfouissement de déchets toxiques.
Quel visage prendra cette reconstitution?
On a toujours parlé d’Haïti et de la république de Port-au-Prince. Malheureusement, ce n’est que trop vrai et les récents évènements confirment cette boutade. Au plus vite, il faudra décentraliser. Qu’il s’agisse de déplacements de population ou de services, l’information doit circuler et cela s’impose. On doit y mettre beaucoup de doigté en évitant que les populations concernées ne perçoivent ces déplacements comme perpétuant les vieux clichés : Port-au-Prince aux intellectuels et bourgeois, grands fonctionnaires et commerçants et la campagne aux paysans (perçus péjorativement). Il faut aménager l’aéroport du Cap-Haïtien. En plus de doter cette ville d’une structure moderne, cela permettrait l’arrivée de grands transporteurs et redynamiserait le tourisme ainsi que les activités connexes (hôtellerie, agriculture, reboisement, construction, artisanat) en plus de permettre la perception de taxes, l’apport en devises dont le pays a actuellement grand besoin. D’autres villes pourraient bénéficier de projets similaires, créateurs d’emplois: Jacmel, Cayes, Jérémie. Ces grandes villes disposent déjà d’un aéroport et d’un port en eaux profondes même si les installations sont rudimentaires. Cela permettrait de désengorger Port-au-Prince et de permettre une répartition et une distribution plus équitable des ressources.
L’agriculture
Déjà mal en point avec le dumping pratiqué à grande échelle, l’agriculture en Haïti est délaissée et la masse paysanne s’appauvrit de plus en plus. Dans les dispositions envisagées on parle de relance de l’agriculture et de dons (envoi de semences, fourniture d’instruments aratoires). N’y aurait-il pas lieu d’accorder des crédits aux agriculteurs par la création d’une banque agricole (qui existait dans le passé)? Dès qu’on parle de dons, certains de nos politiciens sont prêts à tout et à tout accepter. Ils vous diront: «À cheval donné on ne regarde point le mors»; aussi, qu’on n’en profite pas pour introduire et déverser sur Haïti les produits transgéniques, les plants et semences génétiquement modifiés (maïs, tomates, soja, légumineuses et autres) qui constituent une menace pour les espèces indigènes et la santé selon des recherches poussées.
L’éducation
Les enfants doivent retourner à l’école dès que possible et le corps professoral, décimé, doit se reconstituer; les enseignants à la retraite pourraient être sollicités; ils sont nombreux tant aux États-Unis qu’au Canada et veulent participer à cette reconstruction. L’instruction doit donc occuper une place prépondérante. Le nombre élevé d’orphelins dans les rues risque de perpétuer le phénomène de gangs comme cela s’est passé avec les orphelins du sida qualifiés de kokorat, déshumanisés, en bute à toutes sortes de vexations et de persécutions et qui sont devenus des zenglendos semant la terreur et la mort.
La justice
Des sommes importantes, paraît-il, ont été investies dans la réforme judiciaire en Haïti, sans résultat tangible. L’approche fut tout simplement inadéquate. La justice est garante de la pérennité sociale et les dérives (lapidation, justice populaire) sont la résultante d’un système défaillant. Les problèmes nombreux nous attendent au détour : titres de propriété inexistants, déplacement de populations des zones urbaines vers la campagne ou des villes de provinces, squats des propriétés dont les occupants sont absents ou disparus. Qui assumera le respect des droits, sanctionnera les infractions diverses nécessitant une peine d’emprisonnement quand les prisons n’existent même plus? La réforme du système carcéral, la formation de juges deviennent une nécessité!
Patrimoine culturel
Ce volet passe par le maintien et le renforcement du nom de l’île (Haïti). Vouloir à nouveau, comme on le fait ces derniers temps, revenir au nom Hispaniola constitue une insulte. Malheureusement, les Haïtiens eux aussi, victimes d’une propagande insidieuse, savamment orchestrée, parlent d’Hispaniola.
Il est navrant de voir des gens pénétrer sur certains sites qui devaient être protégés et sécurisés pour éviter que certains documents ne passent en des mains non autorisées. Fouiller dans les décombres pour retrouver des documents officiels ou classés confidentiels, les mettre en sécurité, devrait être une priorité de l’État. Qu’en est-il de ceux du palais national, du parlement, des divers ministères…?
Que va-t-il advenir des collections publiques ou privées? De la Bibliothèque de Saint-Louis-de-Gonzague, celle du Séminaire et des autres collections privées? Prendront-elles toutes le chemin de l’étranger et disparaître à jamais?
Quant à nos musées, depuis longtemps, ce ne sont que des cénotaphes! Tous les objets de valeur ont disparu. Tous les canons, même ceux de bronze qui garnissaient les batteries le long des côtes haïtiennes et les cours d’édifices publics se sont évanouis; des fouilles se font sur le territoire haïtien depuis des années, menées par diverses universités étrangères : vases et objets amérindiens trouvés partent vers l’étranger, sans contrôle aucun.
Le service d’identification national
Nous ne saurons jamais le nombre exact de disparus. Les documents officiels (actes de naissance, actes de mariage, de propriété, etc…) ne pourront être délivrés et que dire de l’obtention d’un document de voyage (passeport). Tout cela nous amène à un problème majeur : l’usurpation d’identité. En cette ère de terrorisme, des mesures doivent être prises pour éviter ce phénomène tout en s’assurant que si un recensement se fait et des cartes d’identité émises, que les fichiers ne se retrouvent pas entre des mains étrangères qui auront ainsi le contrôle de la population haïtienne (le gouvernement haïtien doit se battre pour conserver jalousement ces prérogatives).
Les orphelins et l’adoption
Les demandes en cours ont été traitées ou vont être traitées en priorité. Toutefois, il est à craindre que des enfants ne se retrouvent en situation de danger, faute de vigilance (maltraitance, adoption d’un enfant avec en vue l’obtention d’un organe pour fins de transplantation, prédateurs sexuels). Actuellement, les procès de prédateurs sexuels traduits devant les tribunaux américains et canadiens risquent d’avorter, faute de preuve (témoins ou morts ou déplacés donc introuvables). Les nouvelles demandes d’adoption devront être scrutées minutieusement pour ne pas dire devraient faire l’objet d’un moratoire.
Les rescapés et handicapés
Médecins et psychologues devront se pencher sur la question. Le trauma est d’autant plus grand que des gens n’arriveront jamais à faire le deuil des disparus déposés dans des fosses communes, sans cérémonie (l’érection d’une stèle devrait être envisagée pour servir de monument aux morts et de lieu de recueillement). La consolation de pouvoir aller se recueillir sur une tombe et y déposer des fleurs se révèle dès lors possible et salvatrice. Une thérapie collective serait à envisager.
Quant aux estropiés du séisme, la perspective de devenir une charge risque de les conduire au bord du suicide.
La disparition d’une main d’œuvre spécialisée
Les nombreux mécaniciens et artisans installés sous les galeries qui ont disparu constituent une perte non quantifiable. Ne serait-ce pas le temps d’envisager la création d’écoles professionnelles pour la formation de maçons, de techniciens en plomberie, électricité et autres car la reconstruction envisagée ne pourra se faire sans une main d’œuvre qualifiée respectueuse de certaines normes dans l’industrie de la construction et dans tous les domaines (le Québec peut grandement être mis à contribution). Au lieu des «sweat shops» proposés, il faudrait penser à l’implantation d’une industrie moderne par la création d’entreprises dans le domaine des énergies renouvelables (industrie de panneaux solaires et de fabrication d’éoliennes, par exemple. Le recyclage est à envisager. Tous les blocs de béton récupérés pourraient être recyclés et transformés en agrégats pour réutilisation).
En espérant que ces réflexions suscitent un débat tant auprès des intervenants des pays étrangers qu’au sein de la population haïtienne (la diaspora doit être partie prenante). La communauté internationale doit éviter de se retrouver, comme dans le passé, avec des projets déjà décidés à l’avance «clé en mains» et imposés aux Haïtiens, faute d’interlocuteurs valables. Cette attitude a maintes fois conduit à l’échec des projets, au retour à la case de départ, à la méfiance des donateurs et à la conviction que ce pays est ingouvernable.
Jean H. Philippe
Avocat